
LA TASSE MILANO
Notre studio de création dessine l’ensemble des collections chez Mestiers.
La tasse à café Milano est notre best-seller, toutes collections confondues. Dans cet article, nous détaillons les étapes de création de la tasse Milano et vous présentons le travail de notre studio de création.
COMMENT EST NEE LA TASSE À CAFÉ MILANO ?
La tasse à café Milano fait partie de ces pièces créées à trois, Louis, l’artisan céramiste et moi-même. Nous voulions dessiner une tasse d’un format moyen avec une anse et une soucoupe, idéale pour les cafés allongés et les macchiati.

Dessin et maquette
La première étape consiste à définir un volume idéal qui va ensuite conditionner les dimensions de la tasse à café, diamètre et hauteur. Tout commence avec une feuille de papier, un crayon et un compas. Une fois les dimensions de la tasse à café choisies, on détermine celles de la soucoupe ; la soucoupe de la Milano est ronde donc pas de grande difficulté ici.
Cette première étape prend du temps car pour un petit objet, c’est à quelques millimètres que cela se joue. Plus encore quand les objets sont épurés et n’arborent pas de décors car tout le dessin repose sur l’équilibre des proportions et la qualité de la façon.
On passe ensuite à la maquette pour confirmer les dimensions en réel. Nous réalisons des maquettes en papier et en carton. A ce stade, la tasse à café Milano n’a toujours pas d’anse.

Le témoin est passé à Louis. Dessiner une anse n’est pas chose aisée. Sur une tasse à café ronde avec une soucoupe ronde, c’est concrètement l’anse qui donnera le plus la personnalité à la tasse. Non seulement, il faut trouver un dessin qui ait du caractère mais que la pièce soit fonctionnelle et pour une anse cela signifie avoir une préhension satisfaisante et qui s’adapte à plusieurs tailles de mains.
Pour ceux qui nous connaissent un peu, ils savent combien nous sommes amateurs de design italien.
Nous en parlons un peu ici. Pour ce projet de tasse à café, nous voulions un dessin aux lignes claires, franches. Un rendu d’apparence très simple mais qui ne laisserait pas indifférent. Ambitieux!
Pour cela, il nous faut revenir à la base de la géométrie : le rond et le carré. On a tâtonné et comme souvent dans ce cas, on a laissé reposer le dessin. Deuxième tentative avec une anse tubulaire mais ça ne correspondait pas à la vision que nous voulions projeter à travers cette pièce. On laisse reposer une deuxième fois. Que fait-on pendant ce temps-là ? On vit ! On lit, on travaille, on écoute de la musique, on va au cinéma, on étudie, on se documente, on voit autre chose, on sort, on dîne chez des amis. Toutes ces activités (non exhaustives !) et les émotions qui en découlent nourrissent le travail créatif et un jour en faisant sa vaisselle ou après une séance de sport, le déclic. On reprend le dessin et voici l’anse triangulaire plate qui apparaît sous le crayon de Louis. Il la perce d’un trou de taille moyenne pour créer du frottement à la prise et améliorer la préhension.
On finalise ensuite la maquette avec l’ajout de l’anse et on réajuste les angles et les mesures. On reporte le tout sous forme de dessin technique sur notre logiciel en convertissant toutes les mesures prenant compte du taux de rétractation de la terre aux deux cuissons.
Si le dessin technique est assez précis, son interprétation par l’artisan céramiste constitue le premier dialogue entre ce dernier et l’objet à créer. Il s’agit à la fois de rester fidèle à la vision du créateur et d’y apporter inévitablement sa « pâte ». Il y a plus de dix ans, quasiment à nos débuts, j’échangeais avec un artisan spécialisé dans les opérations d’apprêt des tapis noués à la main. Pendant qu’il arasait* un grand tapis, il prononça ces mots qui peuvent paraître étranges mais qui sont fondamentaux quand on aspire à être artisan et à transformer de la matière : « Le client souhaite une épaisseur de 1cm certes mais c’est le tapis qui décidera. Moi, j’écoute le tapis. Ce sera 1,2cm ou peut-être 0,8cm, on verra bien ! ». Chez Mestiers, nous le disons souvent, ici et ici par exemple, les objets façonnés à la main ne sont pas inertes; ils rayonnent et rendent compte de ce dialogue entre la main et matière.
Pour ce qui est de la tasse à café Milano, la ligne extra plate de la soucoupe revient à l’artisan. Si nous avions projeté toutes les côtes de cette soucoupe et que nous ne la voulions pas courbe comme certaines peuvent l’être, le rendu final revient à la compréhension par la main de l’artisan céramiste qui a accordé cette ligne à celles de la tasse à café.
La fine compréhension de la vision d’un designer par l’atelier se construit au fil des projets, des prototypes qui ont été retenus et ceux qui restent encore à travailler, des moments de convivialité, des journées passées ensemble à l’atelier. L’écoute mutuelle, la confiance et le lâcher prise sont fondamentaux pour développer cette collaboration créative.
Maintenant, notre biscuit est prêt et il nous plaît ! La dernière étape consiste à choisir l’émail qui va venir habiller notre tasse à café. Toute couleur ou texture ne vit pas forcément bien sur toutes les formes ; il s’agit pour nous de trouver « l’habit » qui s’équilibrera le mieux avec le dessin. Le blanc stucco qui a un aspect « lavé » et le mérite de légèrement brunir sur les tranches à la cuisson s’est très vite imposé. Nous avons ensuite décliné cette tasse à café avec d’autres émaux et c’est là un nouveau champ d’expérimentation que nous poursuivons au grès des trouvailles à l’atelier ; tous les émaux que nous utilisons étant fabriqués par l’atelier lui-même.
La tasse Milano est née !

Notre manière de travailler requiert du temps. La création demande du temps. La fabrication artisanale demande beaucoup de temps. Cela explique pourquoi nous ne pouvons proposer fréquemment des nouveautés et nous aligner aux prix des enseignes de décoration dont la production est semi-industrielle ou entièrement industrielle.
Votre soutien à notre travail démontre combien vous êtes sensibles à ces aspects et nous vous en remercions. Merci également de l’accueil que vous avez réservé à la Milano. Si cet article vous a intéressé, nous vous donnons rendez-vous au prochain qui détaillera toutes les étapes de fabrication d’une céramique à la main, une vraie immersion dans le savoir-faire du potier.