COMMENT SONT FABRIQUÉES NOS CÉRAMIQUES À LA MAIN ?

Tasse à café latte en grès fait main en France

La tasse JUN ci-dessous paraît si simple et pourtant ! Il a fallu une dizaine d’étapes réalisées à la main pour la fabriquer.

Nous les détaillons dans ce dernier article, une vraie plongée dans le savoir-faire du potier !

TRAVAILLER LA TERRE

Une fois la terre adéquate choisie, on la travaille c’est-à-dire qu’on la malaxe longuement afin d’en évacuer l’air; le geste ressemble à celui d’un boulanger qui pétrit sa pâte. Cette étape est physique et cruciale pour le bon déroulé de toutes les étapes qui suivront. Par exemple, pour la fabrication d’une assiette, une terre mal travaillée fissurera assurément au séchage ou éclatera à la cuisson.

Une fois obtenue une consistance homogène, l’artisan céramiste va pouvoir diviser la terre en plusieurs boules pesées en fonction de la céramique à réaliser. Les boules de terre sont recouvertes d’une bâche pour éviter le dessèchement de l’argile.

LE FAÇONNAGE

La majeure partie de notre collection de céramiques est réalisée en grès, au tour de potier. Les plateaux sont réalisés à la plaque et les brocs par coulage. D’autres techniques de façonnage existent comme le colombin, le pincé ou pinçage, l’estampage, …

Nous allons nous concentrer sur le tournage qui est la technique que nous utilisons le plus.

Le tour de potier se présente sous la forme d’une grande bassine au centre de laquelle est placée la girelle, le plateau qui tourne. La plupart des tours fonctionnent avec un moteur électrique qui permet de réguler précisément la vitesse mais on trouve encore des tours actionnés avec le pied qui fait tourner un premier plateau relié à la girelle.

On place un rondeau, un plateau circulaire parfaitement plat sur la girelle. Si le rondeau n’est pas parfaitement plat, la fabrication d’une assiette plate comme notre modèle à bords droits donnera lieu à une assiette « voilée », une assiette qui boite. On lance ensuite la balle d’argile sur la girelle et on la centre bien afin de pouvoir monter correctement les parois et éviter que la pièce nous fasse un beau pas chassé !

Une fois la balle centrée, on fait monter et descendre la terre plusieurs fois en y ajoutant de l’eau. On s’assure ainsi de l’expulsion d’éventuelles bulles d’air restantes. 

On peut maintenant percer la terre c’est-à-dire qu’on creuse un puits dans la balle à l’aide des pouces et on écarte pour ensuite faire monter les parois de la pièce. S’ensuivent plusieurs manipulations délicates avec le bout des doigts. Puis à l’aide d’une estèque, un outil plat qui permet de lisser les bords, on vient modeler la pièce selon la forme souhaitée. Quand on produit des séries et c’est notre cas, le travail de tournage et ensuite de tournassage est plusieurs fois interrompu par la prise des mesures des diamètres, des hauteurs et des épaisseurs.

A ce stade, la pièce a sa forme mais le rendu est encore « grossier ». On détache la pièce du tour à l’aide d’un fil de potier avec un mouvement continu bien au ras de la pièce. On dépose cette dernière sur nos rayonnages pour un premier séchage jusqu’à la consistance dite « cuir » ; la terre a suffisamment séché pour pouvoir la manipuler sans casser la forme obtenue au premier passage au tour mais pas complètement ce qui permet à l’artisan potier de pouvoir encore la manipuler et l’affiner.

LE TOURNASSAGE ET PREMIÈRE CUISSON

La pièce va passer une deuxième fois au tour. C’est à cette étape qu’on forme un pied quand la pièce doit en posséder un. Vont ensuite se succéder plusieurs gestes à l’aide notamment de l’estèque, de mirettes (outil qui permet de creuser et de sculpter l’argile) et d’une éponge pour affiner, lisser et ainsi donner la forme et l’aspect fini de l’objet. En fonction de la complexité de la pièce, ces étapes peuvent être relativement nombreuses et le travail plus long, c’est particulièrement le cas pour notre modèle d’assiette TONDINO.

Une fois la pièce finie au tour, on la laisse sécher complètement avant la première cuisson. La durée du premier séchage varie entre quelques jours et plusieurs semaines, en fonction de l’épaisseur de l’objet. Les éléments du bougeoir Navona par exemple mettent plus d’une dizaine de jours avant d’être complètement secs.

A l’issue de la première cuisson, nous appelons la pièce obtenue un biscuit.

L'EMAILLAGE

Notre atelier fabrique tous ses émaux. On dénombre plus d’une centaine de recettes différentes. Il s’agit d’un mélange très précis de plusieurs minéraux : oxyde de cuivre, fer, etc. La recette de l’émail détermine la couleur et les éventuels effets sur la couleur et sur la surface.

A l’atelier, nous utilisons principalement le trempage et la pulvérisation. Pour certains modèles comme les tasses à café KURINUKI, nous appliquons au pinceau une couche de cire sur la partie inférieure pour que celle-ci reste brute et que l’émail n’accroche pas.

Le travail autour des émaux est un savoir-faire en soi. C’est une étude qui requiert une grande rigueur et beaucoup de précision. Les couleurs et effets obtenus sont quasi infinis car dépendent de plusieurs paramètres : la terre d’abord, la recette, la méthode d’émaillage, les superpositions, la forme de l’objet, le mode de cuisson, la composition du four et l’emplacement dans ce dernier, … Si nous nous efforçons de documenter et d’archiver l’ensemble de ces facteurs, nous accueillons toujours la surprise et le lâcher prise, inhérents au travail artisanal.

LA DEUXIÈME CUISSON

Les pièces émaillées sont complètement sèches et vont pouvoir être enfournées.

La deuxième cuisson dans notre atelier est dite « grand feu » car la température avoisine les 1300 degrés.

Nous travaillons avec deux types de fours : électrique et gaz.

La cuisson nécessite plusieurs jours en fonction de la température à laquelle on monte. 

Une fois le four refroidi, les pièces sont enfin prêtes. Certaines créations peuvent toutefois nécessiter une troisième cuisson quand il y a un décor ou l’apposition d’un chromo sur l’émail cuit.

Notre atelier se distingue par la grande attention apportée à la qualité de la vaisselle et aux objets décoratifs que nous fabriquons. Nous pensons que si le caractère artisanal de la façon explique les variations de forme, de taille et de couleur, en aucun cas cette réalité ne doit justifier la paresse de la main ou les économies inutiles.

Nous travaillons avec des matières premières de grande qualité qui respectent toutes les normes imposées à notre métier. Nous prenons le temps de concevoir et de fabriquer nos objets. Nous allons même à ajouter des étapes de fabrication pour que nos tasses à café, assiettes, bols, vases soient beaux et agréables à utiliser. Par exemple, nous ponçons à la main toutes les tasses à café et bols qui présentent une surface non émaillée afin que le toucher soit doux. Idem pour le dessous des assiettes ; par définition il ne sera pas visible mais il reste important pour la prise en main, la stabilité … Une fabrication 100% artisanale prend du temps. Nous nous efforçons donc à faire en sorte que le rendu soit à la hauteur de ce temps engagé.